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  • : Linda Saint Jalmes
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  • : Romancière : La saga des enfants des dieux (5 tomes), The touch of love (titre anglais, roman en français), Les contes de Tolli (pour les enfants)
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13 novembre 2010 6 13 /11 /novembre /2010 23:26

 

 

1

 

Ras-le-bonbon

 

 

 

                   Ras-le-bonbon ! Pas envie, du tout, de se coltiner la famille de tantine Suzette !

    Des morts-vivants ambulants, qui reprenaient vie pour médire sur tout le monde, y-compris elle, Awena Dano, qui n'était même pas de leur sang. Tantine Suzette n'étant sa tata que par alliance, du côté de son nouveau et très séduisant beau-père, Logan MacKlare.

    Eh oui ! Encore un. Le quatrième depuis le divorce, alors qu'elle n'était qu'un bébé, d'entre son vrai – père (restait à le prouver) et de Marlène, sa mère (ça, elle en était normalement sûre). Il était exact qu'il n'y avait pas beaucoup de ressemblance entre elles. La mère : blonde, yeux bruns, grande et athlétique. La fille : rousse, couverte d'éphélides de la tête aux pieds, yeux verts, petite et fluette. Même leurs noms de famille étaient dissemblables à l'état civil. Guillou-MacKlare pour sa mère et Dano, pour elle.

     Il n'était pas rare de ne pas trouver de points communs entre parents et enfants... mais elles, elles alignaient leurs différences.

     La jeune femme devait à coup sûr tenir de son père. Toutefois, là aussi, elle ne le saurait pas, car elle ne l'avait jamais vu, pas même en photo. Cela faisait bien longtemps qu'elle avait abandonné ses fouilles minutieuses, en quête d'une image de son père, dans le grand appartement ultra chic qu'elle partageait encore aujourd'hui avec Marlène. Aucune pièce ne lui avait échappé. Sans relâche, Awena avait épluché tous les albums de sa petite enfance et même d'avant sa venue au monde... mais rien. Cet homme appartenait au néant... tout comme elle. Marlène n'étant pas du style à collectionner des photos de sa fille. Ses albums débordaient plutôt sous la multitude des clichés de ses voyages à l'étranger et de ses différents maris, exposés tels des trophées avec annotations diverses et dates.

     Le temps était passé ainsi, sans amour, dans l'indifférence maternelle, jusqu'à un certain jour...

    Awena venait de fêter son vingt et unième anniversaire, c'était le 20 juillet 2010 et sa mère, comble de surprise, lui avait offert comme cadeau, un voyage aux côtés de tantine Suzette, une petite femme énergique sexagénaire aux cheveux courts, bouclés et grisonnants, avec d'affreuses lunettes en équilibre sur son nez pointu. Direction... l'Écosse.

   Marlène avait acheté des billets d'avion, aller-retour, en partance de Brest-Guipavas (Brest étant leur ville natale), pour Inverness puis Wick, préparé sa valise en quatrième vitesse et l'avait rondement fourrée dans les maigres bras de la – simili parente grincheuse et taciturne, Écossaise de surcroît, parlant horriblement mal le français ! Tout aussi horriblement mal qu'Awena baragouinait son anglais ! Ô joie !

     Quand la jeune femme songeait au soudain cadeau de sa maman chérie, c'était en grinçant des dents, car elle savait que le fait d'habiter encore ensemble gênait considérablement la nouvelle mariée. Awena avait bien connu cela, les garderies quand elle était bébé, puis les centres aérés, les colonies de vacances et pour finir, le pensionnat. Jamais elle n'avait vraiment côtoyé un seul de ses beaux-pères. D'abord, parce que petite, Marlène ne supportait pas de s'occuper de sa fille alors qu'elle voulait vivre à cent pour cent avec son amant du moment et ensuite, jeune fille, le pensionnat avait été la solution pour tempérer les crises de jalousie occasionnées par la beauté pure d'Awena.

    Oh, bien sûr, la jeune fille avait remarqué les attentions appuyées des derniers compagnons de sa mère, elle n'était pas aussi naïve que cela et en frissonnait encore... de malaise.

     Depuis, elle ne supportait plus le regard des hommes sur sa poitrine, alors qu'eux... ne s'en privaient pas ! D'où la naissance d'une pudeur excessive qui l'empêchait de profiter pleinement des petits hauts à la mode... osons le dire plus que décolletés, mais tellement beaux.

     Bref, la voilà, pauvre Awena, perdue dans le Nord-Est des Highlands en ce mois de juillet 2010, dans un comté nommé Caithness, saoulée par des Zombis-Écossais parlant très bien le français quand il s'agissait de vilipender les autres, les ayant laissés en plan et fuyant un vieux manoir de pierre venteux surplombant le loch of Yarrows.Elle se dirigeait avec hâte, vers un des endroits qu'elle avait repérés dès son arrivée, un assemblage étrange de dolmens, sur la hauteur d'une colline proche. Pas comme à Carnac, qu'elle connaissait bien,non, là, cela ressemblait plus à Stonehenge,mais en miniature.

     Ses longs cheveux roux qui lui descendaient jusqu'à la taille, lui donnaient chaud. Quelle bêtise de ne pas les avoir attachés en queue de cheval ou en natte ! Mais qui avait été tout aussi bête de lui dire qu'ici, dans les Highlands, la température ne dépassait que très rarement les 17 °C en été ? !

     Or, là, vu la sueur qui lui dégoulinait sur la nuque et le long du dos, sa robe longue couleur kaki de coton qui lui collait à la peau et la chaleur environnante, il devait bien faire dans les 40 °C ! Au bas mot !

     En fait, un petit 28 °C si elle avait lu la température qu'affichait sa super nouvelle montre-télé-machine-à-laver-sèche-cheveux, que Marlène venait de lui offrir en plus du voyage.

     Bizarre... Oui, vraiment, plus elle y repensait, plus la générosité soudaine de sa mère l'intriguait. D'accord, elle voulait se débarrasser de sa fille, comme toujours, mais une petite voix dans la tête d'Awena lui soufflait autre chose, sans qu'elle arrive à mettre le doigt dessus. « Du commercial » disait Marlène en parlant des cadeaux avant d'ajouter « Seul ce qu'il y a dans le cœur compte »...

     « Mes fesses » rétorqua mentalement la jeune femme, amère, « il n'y a qu'elle qui compte oui ! Parce qu'en ce qui concerne les cadeaux que Logan lui fait, elle ne crache pas du tout dessus!...Oh merci pour cette bague de diamant mon lapounet... Ohhhhh... tu n'aurais pas dû m'offrir cette énorrrrrmeeeee émeraude mon bébinou chéri... Pouah ! Comment Logan pouvait-il supporter ces diminutifs idiots et écœurants ? ! »

     Brrr.... Awena en frissonna de dégoût. De cœur, la jeune femme en était sûre, sa mère n'en avait pas une once.

     Qu'à cela ne tienne, bientôt, plus rien de tout ceci ne la toucherait. L'argent qu'elle avait gagné et mis de côté en cachette à la banque, grâce à son travail de dessinatrice pour une maison d'édition, allait lui permettre de solliciter sous peu un prêt et alors... oh oui alors... elle s'achèterait son appartement et adios la mama. Fini ce cinéma qui n'avait que trop duré ! Il lui tardait de commencer une vie bien à elle, seule... Rien que d'y songer... C'était le pied !

     « Allez, encore un petit effort » s'encouragea-t-elle mentalement tout en gravissant la colline à travers la bruyère et les ajoncs, en essayant d'éviter de se faire sauvagement érafler le corps par ces derniers.

     Les ajoncs... Diaboliques arbustes munis de monstrueuses épines assoiffées de sang, mais qui pouvaient pourtant donner naissance à de magnifiques petites fleurs jaunes comme de l'or, embaumant... la noix de coco... ? ! Oui, c'était bien cette odeur qui se dégageait dans l'air.

     Même la nature était à l'image de sa vie... un côté sombre et un autre lumineux.

Bien qu'elle ne se sente pas l'âme d'une petite fleur jaune parfumée... Pour le reste, l'ajonc et ses épines correspondaient parfaitement à Marlène.

    Idée qui fit éclore un sourire ironique sur les lèvres roses et pulpeuses d'Awena.

     Enfin, elle arriva à quelques mètres du sommet. Encore quelques pas, puis elle franchit le rempart des pierres levées, se retrouvant au centre de l'alignement de dolmens. En ce lieu, bizarrement, il faisait beaucoup moins chaud, preuve en était la chair de poule qui lui couvrait la peau.

     — Quel pays de dingues ! marmonna-t-elle en se frottant frileusement les bras de ses mains fines.

     Lentement, tournoyant sur elle-même, Awena se mit à inspecter avec beaucoup de curiosité son environnement proche.

     « Tiens ! Ces dolmens ressemblent aux Dalton ! Du plus petit, au plus grand ! »

     Le sourire aux lèvres, elle se mit à les nommer à haute voix.

     — Toi, le plus petit, tu es Joe Dalton, le méchant....

     — Toi, par ordre de taille, tu es William Dalton....

     — Toi, hummmm... voyons voir..., tu es Jack Dalton, le plus rusé et celui qui aime les déguisements...

    — Et toi..., là, il n'y a pas d'erreur possible, tu es Averell Dalton, le plus grand, jeune et bête des frères Dalton ! Alors mon pote ? Tu ne me poses pas ta fameuse question ? Quand est-ce qu'on mange ? singea-t-elle en pouffant de son propre trait d'humour, piteux sans doute, mais le premier depuis son arrivée dans ces contrées reculées.

    — Hey ! Je vois que vous n'êtes pas tout seuls, les copains, continua-t-elle en observant les autres dolmens, mais désolée les gars, je ne connais pas les prénoms de tous vos parents !

    Reportant son attention vers ses pieds et fronçant ses sourcils fins, elle découvrit qu'elle se tenait sur une grande dalle de pierre fendue en deux, d'où se faufilaient des touffes épaisses de mauvaises herbes. Là encore, un frisson la parcourut.

     « Étrange » se dit-elle.

     — Fais un vœu....... crut-elle entendre dans la brise qui soufflait doucement.

     — Un vœu ? répéta-t-elle à voix haute.

    Étonnée et vaguement amusée par la situation, elle s'employa à réfléchir tout en tapotant ses lèvres de l'index, à tous les vœux qu'elle aurait faits un jour, si on lui avait filé la lampe magique d'Aladin.

     « Avoir une véritable famille avec des frères et sœurs, un papa et une maman, tous aimants et puis, un nouvel ordinateur qui ne tomberait pas en rade tout le temps, l'accord immédiat d'un prêt immobilier et puis... oui... oh oui... une voisine qui ne hurlerait pas à la mort à chaque fois qu'elle atteindrait l'orgasme – vraiment très très gênant – surtout si les voisins se mettaient à penser que c'est moi qui crie comme ça ! La honte ! Remarque, pour qu'ils y croient, il aurait fallu que ma mère ne vive pas avec moi et que je trouve chaussure à mon pied l'Âme sœur – comme soupireraient les amoureux Chamalow ».

     — Oui ! Voilà LE vœu du siècle ! s'exclama-t-elle à tue-tête en se prenant au jeu. Eh bien, je voudrais... non, je désirerais... non... j'aimerais, s'il vous plaît Madame la brise, rencontrer assez rapidement et de préférence avant la soixantaine, mon Âme sœur ! Vous m'avez entendue, Madame la brise ? plaisanta la jeune femme en écartant les bras et en virevoltant gaiement.

     Soudain, c'est l'univers qui se mit à tournoyer autour d'elle, dans l'autre sens. Un violent vertige la saisit, des milliers d'étoiles passèrent devant ses yeux et ce fut le trou noir. Awena tomba sur la grande dalle de pierre fendue... évanouie.

 

                   Quand elle s'éveilla, ce fut pour s'apercevoir que la tête lui tournait follement et que c'était le black-out complet dans son esprit. Elle avait du mal à respirer, le cœur au bord des lèvres et, tiens... chose tout à fait incongrue, il faisait très sombre aux alentours.

     Remarque... pour en être réellement sûre, il aurait peut-être fallu ouvrir les yeux. Oui, mais voilà, c'était plus facile à dire qu'à faire, car une sorte de substance gluante lui collait au visage.

     Ce fut à cet instant qu'elle se figea, tendue, en entendant des voix très proches.

     — Clyde ! T'as vu ce que je vois ?

     — Aye ! Je vois ce que tu vois !

     S'ensuivit un grommellement.

   — Och Clyde ! Quand as-tu parlé pour la dernière fois ? Avant ou après l'incantation ?

     — Hmmmm... j'crois bien après, Ned !

     Là, ce fut un énorme cri qui résonna. Faisant sursauter Awena, de surprise et de frayeur.

    — Clyde ! Je t'avais bien dit de te taire ! Regarde un peu ce qui se passe maintenant !

     — Mais, je plaisantais, j'ai parlé tout doucement, ce n'était qu'un murmure, j'ai à peine bougé les lèvres et la langue....

     Pendant que l'étrange dialogue continuait, Awena frissonnante, s'était redressée en position assise et commençait à enlever de ses doigts tremblants, ce qui lui collait au visage.

     Des œufs ?

    « Cela en avait le goût et la texture », songea la jeune femme en passant craintivement sa langue sur les lèvres. Opinion qui fut confirmée par les éclats de coquilles qui lui piquaient les joues.

     « Mais que se passait-il ici ? » s'énerva-t-elle, la surprise et la peur cédant la place à une sourde colère. Alors que dans le même temps, reprenait l'étrange dialogue.

     — Och Clyde ! Qu'as-tu dit exactement à ce moment-là !

     — J'ai juste fait le vœu que Darren trouve sa lass, son Âme sœur quoi et qu'ainsi il soit beaucoup moins sur notre dos...

     S'ensuivit un autre hurlement de rage.

     — C'est pas vrai Clyde ! C'est ce que tu as dit ?

     — Aye ! C'est ce que j'ai.... je te le répète... murmuré.

    Awena, ayant enfin dégagé ses yeux, put jeter un regard à la fois craintif et curieux sur ce qui l'entourait.

     Elle ne s'était pas trompée quant à l'obscurité, car il faisait presque nuit et la lune... était bien visible ? La... lune ?

     S'aidant de la clarté de quelques torches allumées non loin de là pour voir, elle porta machinalement sa – supermontre devant ses yeux éberlués. « Bon sang ! Je deviens complètement folle ! Mais... il est à peine dix-sept heures ? ! »

     En levant les yeux, elle se dit aussitôt qu'elle aurait dû garder la couche de glu d'œufs qui la protégeait de la scène, plutôt très réelle, qui s'offrait à elle.

    Éclairés par des torches, devant elle, se tenaient deux gugusses en jupes... des jupes !

     Et torses nus !

     Un rouquin aux cheveux longs tressés et une grande baraque brune avec des nattes « lui » aussi !

     Une idée surgit dans l'esprit de la jeune  femme. Peut-être  étaient-ils  des surfeurs ? Oui, mais... ici sur les collines d'Écosse ? Il était vrai que la Mer du Nord ne se trouvait qu'à quatre ou cinq kilomètres à l'Est du loch of Yarrows, mais quand même !

     Puis une autre image incongrue se calqua à celle des surfeurs.

    — Ohhhhhhhhhh merde ! Après les Dalton, je rencontre Laurel et Hardy ! marmonna-t-elle à voix haute.

     C'était une sorte de tic, elle comparait très souvent des personnes réelles avec des personnages de fiction. Une déformation professionnelle, car en tant que dessinatrice, illustratrice de BD, l'esprit de la jeune femme naviguait beaucoup sur l'océan de l'imaginaire.

     — Qu'est-ce qu'elle a dit ? questionna le rouquin, le plus petit des deux, d'un bon mètre quatre-vingt néanmoins et grâce au son de sa voix, elle l'identifia comme étant Ned-Laurel.

     — Je crois qu'elle a parlé de merde et de radis ! répondit la baraque à tresses « plus grande de quelques centimètres », Clyde-Hardy logiquement.

     — C'est bien notre veine ! Le rite fonctionne, la preuve, elle est là même si ce n'est pas elle qu'on voulait, de plus, à cause de toi on se retrouve avec une folle sur les bras ! se lamenta Ned-Laurel, très nerveux.

     « Folle ? C'est de moi qu'ils parlent ? Quel toupet ! » Awena rouge de colère contenue, sentit toute frousse s'envoler et la moutarde lui monter au nez. Alors qu'elle était toujours assise sur la grande dalle fendue, les mains sur la taille, elle ne se fit pas prier pour leur dire ce qu'elle en pensait.

     — Fous vous-même ! Bande de crétins en jupette ! Quand j'aurai raconté à la police que vous m'avez assommée, flagellée avec des œufs, ils vous coffreront dans le panier à salade !

     À ces mots bien sentis, elle se retrouva devant deux hommes bouche bée et les yeux aussi ronds que des soucoupes.

     Ned-Laurel donna un petit coup de coude hésitant dans les côtes de Clyde-Hardy et marmonna du coin de la bouche.

     — T'as compris quelque chose ?

     — Aye ! Je crois qu'elle a faim, elle parle d'œufs, de flageolets et de salade dans un panier !

     C'était au tour d'Awena d'en rester abasourdie !

     — Mais... ils sont malades ! se récria-t-elle en secouant la tête, faisant craquer ainsi les quelques morceaux de coquilles réfugiés dans le creux tendre de son cou.

     Clyde agita les mains devant lui.

     — Naye ! Naye ! Nous ne sommes pas souffrants, la fièvre écarlate n'est pas arrivée jusqu'ici !

     — La fièvre écarlate ? Vous parlez bien de... la scarlatine ? Mais c'est bénin ! Depuis le temps que l'on se fait vacciner ! À moins, bien sûr, que vous n'ayez pas été vaccinés ? Ce qui ne me surprendrait guère... baragouina-t-elle entre ses dents.

      Ned s'avança brusquement vers Awena.

      — Vacciné ? Le temps ? Quelle est votre époque... l'année d'où vous venez ? !

     Il paraissait surexcité, pour on ne sait quelle raison et arrivait quand même à retenir son souffle... Quel exploit !

     — L'époque ? Je ne comprends pas... chuchota Awena interdite, tout en essayant de reculer sur les fesses en s'aidant de ses bras.

     — Aye ! L'époque, la date ! s'impatienta Clyde à son tour.

     — 2... 2010 ! Nous sommes le 24 juillet 2010 ! Et à vous voir, je crois que l'état devrait débloquer des fonds pour construire plus d'asiles... il n'y en a pas assez !

     Ses mots se perdirent dans le tohu-bohu qui s'ensuivit. Ned-Laurel et Clyde-Hardy, l'ignorant d'un seul coup, se mirent à hurler en riant tout à la fois ! Et... maintenant... ils dansaient une sorte de... de gigue ?

     — Bon, j'en ai assez, je m'en vais ! Bande de fêlés ! fulmina Awena en se mettant vivement debout et en frottant, de ses mains tremblantes, sa longue robe de coton pleine de détritus divers.

     — Oh ! Il ne manquait plus que ça ! Ma robe est fichue ! Je sais pourquoi ma mère m'a offert ce cadeau empoisonné, un voyage en Écosse pour me rendre folle ! Ah ! Elle doit bien rire en ce moment... et regardez-moi mes sandalettes...

     Pendant qu'elle se lamentait sur tous les malheurs de la terre, les deux hommes continuaient de danser et d'émettre des sons joyeux, bien que ridicules aux oreilles d'Awena.

     Dans un accès de rage, elle se pencha en avant et attrapa ce qui lui tombait sous la main.

     « Des saucisses crues ? », tant pis, elles feraient l'affaire. Elle se fit un devoir d'en bombarder Ned et Clyde.

     — Tenez ! Prenez ça ! Et encore celle-là !

     Les premières saucisses atterrirent en plein sur les nez du duo en jupette. Passé l'étonnement et avec de gros éclats de rire, ils se mirent à ramasser les « projectiles » pour les renvoyer sur leur expéditrice.

     — Ouille ! Infâmes babouins, visez ailleurs que ma tête !

     — 2010 Ned ! Tu te rends compte ? Et crois-tu qu'elles sont toutes comme ça dans le futur ?

   Clyde termina sa phrase avec une saucisse dans la bouche. Ned gloussa stupidement en haussant les épaules, avant de se protéger les oreilles des saucisses volantes et Awena stoppa net dans sa lancée. S'interrogeant avec recul sur le sens des mots de Clyde-Hardy.

     — Qu'avez-vous dit ? Le futur ? Mais de quoi parlez-vous nom d'un chien !

     Sur un regard entendu entre les deux hommes, c'est Ned qui prit la parole.

     — Dame, nous sommes en l'an 1392, à cause de Clyde, vous avez franchi la porte du temps et nous avez rejoints ici, dans... votre passé. Il parlait lentement, comme si elle était une demeurée ou une très petite enfant. Voyez-vous, nous sommes des druides, enfin, des apprentis druides, mais grâce à vous, notre statut va changer ! fanfaronna-t-il.

     — Aye ! confirma Clyde-Hardy en hochant la tête de haut en bas, avec un drôle de sourire béat sur les lèvres.

     — Non... balbutia Awena. Non ! Nous sommes en 2010, en plein été et je suis en vacances, victime d'une insolation sûrement... d'ailleurs, où est mon sac ? Ah, le voilà !

     La lanière de son sac à main – plus un fourre-tout – était cassée, mais il était bel et bien là.

     — Je vais prendre un cachet pour la tête et retourner chez tantine Suzette. Là, je me laverai et dormirai pendant... cent ans... au moins ! Il le faudra bien ! Pour effacer de ma mémoire ce stupide cauchemar..., oui... voilà ce que je vais faire...

     Tout en balbutiant, Awena était sortie du Cercle de dolmens et commençait à descendre la colline à petits pas hésitants et peu sûrs. C'était dans cette direction que se trouvait le vieux manoir venteux. Par là, l'accès au retour vers la vie normale et surtout la fin de tous ses ennuis.

     Elle fit à peine trois pas... et s'écroula dans la Bruyère, à quelques centimètres des doigts crochus des ajoncs. À nouveau évanouie.

     — Och Ned ! Elles ne semblent pas plus fortes que ça ces bonnes  femmes du  futur ! déplora Clyde très sérieusement.

     — Aye Clyde ! Une femme reste une femme, ricana l'autre, goguenard.

     Et sur un signe entendu, Clyde prit doucement Awena dans ses bras et emboîta les pas de son compagnon en se dirigeant ensuite, sur le chemin qui menait au manoir.

 

                 Cependant, à la place dudit manoir se tenait... un gigantesque château de pierres sombres...

     Peut-être venteux lui aussi ?

 

 

 

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13 novembre 2010 6 13 /11 /novembre /2010 23:17

 

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En hommage à ma cousine Isabelle,

Fleur d'Écosse partie bien trop tôt.

Tu es dans mon coeur et mes pensées...

 

Je remercie tous ceux qui m'ont donné

des ailes.

 

À mon amie de choc Solange, pour son aide

précieuse et son humour.

À Mélany, Rêveuse, Enalynne, Michel,

Chriss, Marie, Jean-Charles, Eoliane,

Vachemine (tu aurais dû choisir un autre

pseudo, lol...) et tant d'amis du Monde des Mots...

 

À ma famille, mes parents, mon mari et

mes enfants, avec tout mon amour...

 

 

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